26 Mai 2012    

La lettre de février 2010

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[REPORTAGE] Le logiciel Open Source, un modèle en marche

Dossier - la lettre de février 2010

UN PORTRAIT DE RICHARD STALLMAN AVEC LA STATURE DE PAPE DU LIBRE.  A l’occasion de la sortie de son livre chez Eyrolles, Richard Stallman a commenté sa biographie qui est aussi la genèse du logiciel libre. L’adjectif « free » en anglais est une source de malentendu car il désigne aussi bien le « gratuit » que le « libre ».
Pour se faire comprendre, Richard Stallman dit volontiers « don’t think free as in free beer ; think free as free speech ». Donc libre, oui, gratuit, pas forcément.
Par Dominique Moisand, GuideInformatique
Richard Stallman La philosophie de Richard Stallman l’a conduit à privilégier l’échange et le partage pour faire progresser l’innovation plutôt que figer les produits de la recherche au profit d’une seule organisation commerciale, au travers la propriété intellectuelle, le copyright.
Sorte de Proud’hon du XX° siècle, il est passé par tous les stades, refusant tout d’abord toute idée de propriété pour finalement retourner le principe du copyright à son avantage. Lors du développement de GNU, son système d'exploitation libre précurseur de LINUX, il a adopté les méthodes de partage et d’échange, des années durant, avec sa communauté. C’est ainsi qu’il a mis aussi au point sa fameuse licence GPL (General Public Licence).

Le Copyleft par opposition au Copyright

Par touches successives, s’est ainsi dessiné le cadre de protection des principes mêmes du libre en opposition à toute idée de brevet ou de propriété du logiciel. L’acronyme « Copyleft », par opposition au « Copyright », a parfois été employé pour caractériser plutôt le renoncement des auteurs à leurs droits traditionnels, en autorisant l’accès aux sources, leur modification, leur diffusion et l’ajout de compléments.
Une dizaine d’années plus tard, l’entêtement de Richard Stallman a le mérite d’avoir permis de conserver ce principe du libre, défendu par la FSF (Free software foundation), tout en amenant la communauté à l’élargir à l’Open Source (régi par l’association OSI, Open Source Initiative). Les licences « open source » englobent les licences libres.
Dans le même temps, Linus Torvalds mettait en application les principes mêmes de Stallman, collaboration ouverte et partage, s’appuyant sur la communauté pour assembler (ou développer) les composants de ce qui deviendrait LINUX, prenant ainsi tout le monde de vitesse.

La méthode QSOS pour qualifier les logiciels open source

En 2009, le tableau ci-après, issu de QSOS 1.6 (Qualification et Sélection de logiciels Open Source – méthode proposée en licence libre) donne une idée de la multiplicité des licences open source (sans que cette liste soit exhaustive). Licences Open source REFERENTIEL DES TYPES DE LICENCES OPEN SOURCE Trois critères sont passés en revue : - l’appropriation : le code dérivé peut-il être rendu propriétaire ou doit-il rester libre ? - la viralité : l’utilisation du code du logiciel à partir d’un autre module se traduit-il ou non par la nécessité que ce module soit placé sous la même licence ? - l’héritage : le code dérivé hérite-il obligatoirement de la licence où est-il possible d’appliquer des restrictions supplémentaires ?

Enfin, il faut opposer deux faux amis, le free software (traduit par logiciel libre) et le freeware qui est un logiciel gratuit…mais rien n’indique qu’il soit propriétaire ou libre.
La méthode QSOS (http://www.qsos.org) permet de s’y retrouver dans cette myriade de possibilités autour de l’open source. C’est un processus itératif en 4 étapes. Un, définir (logiciels, licences, communautés) ; deux, évaluer (fiches d’identité, évaluation, couverture) ; trois, qualifier (inclure les contraintes) ; quatre, sélectionner (peser les critères de choix en fonction des besoins).

Adeptes du Libre et de son antithèse Iphone

Que reste-t-il de tous ces débats ? Il serait facile de gloser en soulignant que la majeure partie des fans de Stallman est adepte de l’Iphone d’Apple, l’antithèse du libre, le symbole même du produit propriétaire et fermé !
De la même façon, le débat sur l’ogre Microsoft semble appartenir à un passé lointain, les logiciels « libres » sur PC sont surtout libres de tourner sous Windows.
Sur ce point, l’association du libre édite un certain nombre de versions packagées (voir le site www.framasoft.net) qui sont téléchargeables. Elle répertorie les solutions existantes en libre. Plus que des produits, Richard Stallman laisse derrière lui un idéal de partage et d’échange que le Net ne cessera d’amplifier. Retenons plutôt l’aspect communautaire qui réunit les talents et aiguise la collaboration.
La meilleure illustration est que le libre a fédéré une communauté qui reste vivante (voir le site www.framasoft.net) mais qu’elle a préfiguré la naissance de nombreuses autres communautés dont le principe de base ne rejoint pas forcément les engagements de Stallman. On parlera plutôt de « fans » et les spécialistes du marketing l’ont bien compris !

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